" Il faut consolider les relations Régions/partenaires sociaux " – Marseille – Régions – Objectif Carrière
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11 Mai 2010
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" Il faut consolider les relations Régions/partenaires sociaux "

11 Mai 2010

3 Questions à ... Pascale Gérard, Vice-présidente de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Quels sont les enjeux pour la région Paca après l’adoption de la loi Orientation-Formation du 24 novembre 2009 ?

Pascale Gérard : La construction de la sécurisation des parcours professionnels sur le territoire régional sont des enjeux importants. Cela passe par la réalité du dialogue social territorial. En effet, il nous faut, consolider, les partenariats privilégiés région/partenaires sociaux. La crise a exigé de nous un travail différent, une méthode différente. Quasiment, toutes les régions ont mis en place des dispositifs de résistance à la crise, en soutenant leurs entreprises pour leur permettre de résister le mieux possible à la crise en préparant la reprise avec des dispositifs du type "se former plutôt que chômer".

Dans le cadre de notre plan de relance en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, nous avons considéré que l'investissement devait aussi passer par l'investissement social, à savoir la qualification des femmes et des hommes. Nous avons ainsi avec les outils des partenaires sociaux que sont les OPCA, créé, des fonds régionaux IRIS (Intervention Régionale pour l'Investissement Social), cofinancés à parité Région/OPCA.

Nous sommes là, régions, clairement, au-delà de notre compétence sur la formation des jeunes demandeurs d'emploi, avec des cofinancements possibles du plan de formation de l'entreprise. Nous attendons maintenant que les partenaires sociaux comme le prévoit l’ANI, viennent pour une partie sur la formation des demandeurs d'emploi. Casser l'approche par statuts, voilà un enjeu qui permettra de trouver des solutions aux personnes qui, aujourd'hui encore, "passent entre les trous de la raquette".

Comment allez-vous mettre en place les futurs Contrats de plan régional de développement des formations (CPRDF), prévus par la loi Orientation-Formation ?

P.S.: Pour les prochains CPRDF, en PACA, comme dans beaucoup de régions, il n'y aura pas beaucoup de différences avec les précédents PRDF, dans la mesure où nous travaillions déjà, comme la loi l'exige maintenant, en concertation avec les services de l'État, tant ministère du Travail (à l'époque....) qu'Éducation nationale.

La nécessaire complémentarité des voies de formation requiert cette méthode. Quatre challenges me semblent néanmoins devant nous. Tout d'abord, comment sortir de la générale déclaration généreuse d'intentions, dans la mesure où ces CPRDF ne seront toujours pas opposables ? Comment faire en sorte que l'État s'engage sur plusieurs années, particulièrement sur les formations initiales professionnelles sous statut scolaire ?

Il nous faudra ensuite être en capacité de construire de vraies passerelles entre le CAP et le Bac pro, permettant de développer l'élévation du niveau de qualification, au sein d'une filière, tandis que nous sommes conscients du "delta" entre ces deux diplômes. Il nous faudra ensuite, structurer une véritable articulation avec Pôle emploi, voire parvenir à des appels d'offres communs permettant de consolider nos services publics de régionaux de formation professionnelle. Enfin, l'enjeu est d'associer réellement les partenaires sociaux, non seulement à la concertation mais à l'élaboration, voire à la signature de ces CPRDF.

Vous étiez pour la création d’un dispositif de formation initiale différée qui n’a pas été retenu dans la loi. Quels sont les initiatives de la région en matière de deuxième chance ?

P.S.: Il est clair que la loi "a loupé la marche" par rapport à la mise en place d'un droit à la formation initiale différée alors que les partenaires sociaux dans l’ANI du 7 janvier 2009, unanimes, avait considéré cette étape comme essentielle. Nous sommes tous d'accord pour dire qu'on ne construit pas de formation continue ni de parcours professionnels sécurisés sans un socle de formation initiale avec un niveau de connaissances générales acquises... Mais quand il s'agit de prendre en charge, la formation initiale de ceux et celles qui sont sortis sans qualification reconnue de l'école, voire avec des savoirs de base non acquis...alors là, l'État refuse de prendre ses responsabilités...

En Paca, ce sont ainsi plus de 15 millions d’euros qui sont consacrés aux ETAPS (Espaces Territoriaux d'Accès aux Premiers Savoirs) qui permettent à tous de franchir cette étape essentielle vers l'acquisition d'une première qualification, le "lire, écrire, compter", mais aussi de l'éducation à la citoyenneté. 6 000 personnes par an sont concernées, très majoritairement des jeunes. Nous travaillons, en ce moment, avec les services de l'État à une expérimentation qui nous permettra une labellisation globale "dispositif 2nde chance" de l'ensemble de ce dispositif éprouvé chez nous depuis une dizaine d'années, et dont tous les acteurs se sont, maintenant depuis longtemps, engagés dans une démarche qualité. ♦ M.M./ S.P.

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