Formation, comment bien orienter sa carrière

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Pour séduire les recruteurs ou continuer à les séduire, mieux vaut anticiper les évolutions du marché et identifier différentes pistes d’orientation professionnelle. Reste ensuite à trouver les formations qui permettent de combler ses lacunes et sélectionner le bon organisme. Car, être pro-actif dans la gestion de sa carrière, en maintenant et en renforçant ses compétences, est indispensable.

« La formation est indispensable pour gérer son employabilité et développer sa désirabilité sociale, c’est-à-dire l’envie qu’aurait votre entreprise de vous faire évoluer ou l’envie qu’aurait une autre entreprise de vous recruter » prévient Élisabeth Montauzé, consultante à l’APEC.

En effet, à compétences égales en savoir agir, un recruteur retiendra la personne qui a les compétences les plus pointues et les plus à jour. Cependant, mieux vaut établir une feuille de route pour conserver son cap.

« Lorsque je vois un candidat qui s’est beaucoup formé, afin, par exemple, de se spécialiser, je trouve que c’est révélateur d’un niveau d’investissement personnel important. Cela valorise la personne. Mais attention, si on ne peut dégager une cohérence dans toutes les formations suivies, l’effet peut être inverse » souligne Emmanuelle Pays, directeur recrutement, diversité et développement RH de Steria.

Réfléchir sur son employabilité

« Si on se désintéresse de son évolution professionnelle, on prend le risque d’être marginalisé ou de se retrouver sur une voie de garage » estime Dominique Duflo, dirigeant du cabinet Valeur RH et ancien DRH de Sogeti.

Il est donc important de bien percevoir les grandes tendances du marché et de s’y situer. « Nous sommes sur une branche professionnelle où les métiers évoluent rapidement et pas uniquement au niveau des technologies » explique Eddy Gaciot directeur du cabinet GT’M Ingénierie.

D’ailleurs, beaucoup de métiers nouveaux se développent dans la branche comme la gestion des engagements, le service client, l’urbanisme, l’architecture, etc.

Faire de la veille

Pour déceler les évolutions du marché, il suffit d’aller régulièrement sur les sites comme l’APEC ou bien de grands cabinets de conseil et de lire leurs analyses sectorielles.

Les référentiels métiers, téléchargeables sur le site de l’Observatoire des Métiers de la branche (l’OPIIEC), « permettent de regarder son propre métier et de vérifier qu’on a bien les compétences qui correspondent. C’est aussi la possibilité de découvrir d’autres métiers avec la description du poste et des compétences requises » remarque Dominique Duflo.

Seul ou accompagné

Mais, « neuf fois sur dix, un salarié ne sait pas vers quels métiers évoluer, et, en plus, l’offre de formation n’est pas lisible » regrette Eddy Gaciot.

Thierry qui a mené à bien une validation des acquis de l’expérience s’est senti seul et désarmé : « je suis allé dans plusieurs écoles, mais j’ai vraiment eu l’impression qu’elles avaient peur de brader leur diplôme en encourageant la VAE ».

Effectuer un bilan professionnel (de compétences ou de positionnement) permet de faire le point et d’envisager des pistes d’évolution en étant guidé par un consultant.

Connaître ses motivations

Les motivations pour suivre une formation peuvent être multiples. Les connaître est important et servira à défendre son projet devant son employeur ou Pôle emploi. Ainsi, Thierry voulait faire une VAE mais la PME où il travaillait estimait que c’était une perte de temps. « Lorsque je suis rentré chez mon employeur actuel, j’ai abordé le sujet dès l’entretien d’embauche. C’était important pour moi qu’on n’essaie pas de m’en empêcher ».

S’appuyer sur un socle existant

Même dans le cas d’une reconversion, mieux vaut avoir déjà des compétences sur lesquelles s’appuyer. Nadia Boubkiri, avant de devenir analyste programmeur chez Steria, avait passé 18 ans dans la recherche scientifique.

En recherche d’emploi, elle a suivi la certification développeur nouvelles technologies.

« Cela n’avait rien à voir avec mon expérience ! C’est une nouvelle carrière, dans un nouveau secteur mais qui, finalement est assez similaire à ce que je faisais. Toutes les notions d’analyse, de réflexion et conduite de projet sont très proches ».

Sélectionner le prestataire

Cette étape est elle aussi essentielle. « Il faut connaître le profil des participants, rechercher tous les éléments qui permettent de qualifier le contenu pédagogique, les animateurs… C’est tout aussi important que de construire son projet. Une erreur d’appréciation peut remettre en cause tous vos efforts » prévient Dominique Duflo.

On peut vérifier sur les forums l’avis des personnes ayant suivi la formation, regarder si l’organisme est labellisé ou certifié, s’il est d’adhérent de la Fédération de la formation professionnelle…

« Il faut demander le taux d’insertion à l’issue de la formation, enquêter sur la reconnaissance de la formation dans le secteur… Mais si ces éléments sont déterminants, ils ne sont pas faciles à obtenir «  reconnaît Eddy Gaciot

Choisir le bon moment

Quand on entame une formation longue, la gestion de son temps est capitale. Cela a un impact sur son activité professionnelle et sa vie personnelle.

Si on ne le planifie pas correctement, on risque d’abandonner. « Certaines périodes ne sont pas propices. Il faut prendre en compte l’activité de son conjoint, les besoins de ses enfants… conseille Élisabeth Montauzé. Gardez en tête qu’un projet peut toujours se décaler dans le temps ».

Parfois mieux vaut savoir mettre en veille son projet afin de mettre toutes les chances de son côté…

Les dispositifs de financement

  • Les Certificats de Qualification de Branche permettent de faire reconnaître un savoir-faire professionnel. On en dénombre plus de 400 dont 6 dans les métiers de l’informatique et de l’ingénierie.
  • Au sein de l’entreprise, le plan de formation, le DIF, les périodes ou contrats de professionnalisation sont les plus courants. L’OPCA FAFIEC a aussi mis en place des Actions collectives sur des thématiques stratégiques pour les métiers de l’informatique, l’ingénierie et le conseil.
  • Un bilan de compétences, si on ne souhaite pas informer son employeur, peut être financé par le Fongecif.
  • Le Congé Individuel de Formation (CIF) est bien adapté aux projets de reconversion. Il est accessible aux salariés en CDI et en CDD.

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