" Un aménagement du système plus qu'une réforme de fond " – Dossier – Objectif Carrière
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21 Janvier 2011
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" Un aménagement du système plus qu'une réforme de fond "

21 Janvier 2011
" Un aménagement du système plus qu'une réforme de fond "

Selon vous, quelles sont les grandes évolutions de la réforme à ce stade ?

Christophe Parmentier : Je ne sais pas si l’on peut vraiment parler de " grandes évolutions " ; je préfèrerais plutôt parler d’aménagements. Toutefois, sur cette question, la réforme apporte quatre innovations majeures.

La première est celle de l’évolution du FUP (Fonds Unique de Péréquation) vers le FPSPP (Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels). Ce nouveau fonds crée une obligation de solidarité envers les populations moins qualifiées et moins favorisées.

Le deuxième point important instauré par cette réforme, et qui me semble être une logique forte, est celle du projet. La réforme s’articule autour d’un axe pivot : la sécurisation des parcours professionnels. La loi s’appelle d’ailleurs " orientation et formation professionnelle tout au long de la vie ".

Ainsi, les entreprises fonctionnaient sur un financement des formations qui était presque " contractuel ". Ce mode évolue vers des financements sur " projets ".

Le renforcement du DIF est aussi un point important, notamment avec le principe de la portabilité. Ce dispositif est en effet fortement plébiscité, et surtout étendu à des publics plus précaires, ce qui est à mon sens une bonne chose.

Le dernier point est celui de la collecte par les OPCA. Un pallier va être instauré, c’est important pour l’ensemble des acteurs de la formation, puisque cette mesure du gouvernement entraînera un regroupement des OPCA. Toutefois, ces futurs regroupements créent actuellement un climat d’insécurité tant pour les OPCA que pour les entreprises.

En effet, que va-t-il advenir des petites branches professionnelles qui sont sur une niche, comme le FAF de la sécurité sociale ? Comment vont alors évoluer les prises en charge ? Cela va dépendre de beaucoup de facteurs, notamment de la conjoncture économique et des évolutions politiques.

Au fond, cette réforme ressemble davantage à une adaptation du système, issu de la loi de 1971 et de ses modifications jusqu’en 2004, qu’à une réforme de fond. Mais l’ensemble des aménagements mis en place par la réforme de 2009 ont été rendus nécessaires par les évolutions de la conjoncture ces dernières années.

Quels ont été les premiers impacts pour les entreprises ?

C. P. : Les impacts pour les entreprises sont relativement forts. Mais il y a, depuis cette réforme, une sorte d’attentisme de la part des entreprises à l’égard de la formation professionnelle. Cela est notamment dû à la nouvelle contribution au FPSPP.

Les entreprises y voient leur potentiel de formation diminué. Mais ce n’est pas le seul facteur.

Le paysage de la formation est tellement mouvant (nouvelle loi, nouveaux dispositifs de formations à intégrer, fusion des OPCA...) que les entreprises ne sont pas encore en mesure de s’approprier pleinement les nouveaux dispositifs proposés par cette réforme. Je pense notamment à la Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE) qui permet à un demandeur d’emploi de suivre la formation nécessaire pour favoriser son retour à l’emploi. Ce dispositif reste encore méconnu des entreprises, donc pas mis en place.

La création et l’amélioration des dispositifs de formation ont apporté un inconvénient majeur, celui d’ajouter de la complexité administrative.

Dans un autre ordre d’idée, la contribution au FPSPP va apporter une toute nouvelle dimension aux plans de formation qui devraient être davantage orientés vers les publics prioritaires, comme les seniors ou les salariés les moins qualifiés. En ce sens, cette réforme présente de nouvelles opportunités pour l’ensemble des entreprises, et des salariés.

Comment analysez-vous la prise en compte des entrants et des sortants du marché du travail dans le texte de loi ?

C. P. : La contribution au FPSPP n’est pas une simple intention de collecte, mais a évidemment une vocation de restitution. Restitution autour de projets de formation dédiés notamment à deux publics prioritaires : les jeunes (les entrants) et les demandeurs d’emploi (les sortants).

Cela répond ainsi aux deux volets de la réforme, celui de l’orientation et de la formation. Les entreprises vont donc cofinancer les initiatives du Pôle emploi. La sécurisation des parcours professionnels commence aux premiers pas du parcours d’apprentissage d’un étudiant, bien avant qu’il ne soit salarié.

C’est un accompagnement qui s’inscrit dans la durée et pour lequel les OPCA et la nouvelle loi mettent en place des mesures concrètes. Ouvrir la formation à ces nouveaux publics était donc une nécessité.

Les objectifs de la réforme

  • Mieux orienter les fonds de la formation vers les demandeurs d'emploi et les salariés peu qualifiés.
  • Développer la formation dans les TPE et les PME.
  • Insérer les jeunes sur le marché du travail.
  • Améliorer la transparence et les circuits de financements.
  • Simplifier, informer, orienter et accompagner les salariés et les demandeurs d'emploi.

Propos recueillis par M.Z.
©pascalsacleux

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